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En Mayenne et Maine-et-Loire, la gestion collective de l’eau s’impose

Sur le bassin versant de l’Oudon, 90 % des volumes d’eau sont prélevés dans des plans d’eau, dont la quasi-totalité sont connectés (cours d'eau, nappes ou fossés).

En Mayenne et dans le Maine-et-Loire, de 100 à 150 agriculteurs du bassin versant de l’Oudon doivent s’organiser pour partager la ressource.

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De La Gravelle (Mayenne) au Lion-d’Angers (Maine-et-Loire), l’Oudon parcourt une centaine de kilomètres. Depuis des années, son bassin versant (5 806 km²) est identifié comme déficitaire. Au point « qu’en 2021, il a été proposé de le classer en zone de répartition des eaux (ZRE), autrement dit sous un régime plus contraignant que l’actuel 7B3 (1) », a expliqué Éric Plessis, conseiller en eau à la chambre d’agriculture, le 4 mars à Segré (Maine-et-Loire).

À peine voilée, la menace a produit son effet. « La profession agricole s’est mobilisée pour rester en 7B3 (1), mais sous réserve d’un protocole d’engagement », a résumé Frédéric Robert, agriculteur et élu. Entre 2022 et 2024, un inventaire des prélèvements a ainsi été réalisé. Des irrigants n’étant pas déclarés, les données collectées ne sont pas exhaustives. Mais elles donnent une idée de la situation. Sur le bassin versant, « entre 100 et 150 exploitations irriguent, et 2 % de la SAU est concernée », a indiqué Éric Plessis. Du côté des prélèvements, ils s’élèvent à 3 millions de mètres cubes par an et se concentrent dans le sud du territoire, soit dans le nord du Maine-et-Loire, « avec la présence d’une activité arboricole et d’élevages laitiers dont le système fourrager à base de maïs dépend de l’irrigation ».

Plans d’eau connectés

Au niveau de la ressource, l’inventaire révèle que 90 % des volumes sont prélevés dans des plans d’eau. « C’est une particularité de ce bassin versant. » Cent cinquante ont été identifiés, pour un volume moyen de 23 000 m³. 90 % d’entre eux sont connectés : 50 % à un cours d’eau ou à la nappe, 40 % aux fossés. Pour les premiers, « la déconnexion sera difficile », entrevoit déjà la chambre d’agriculture.

Après l’inventaire, les irrigants du bassin versant de l’Oudon viennent de prendre connaissance des étapes à venir, avec l’objectif « d’être en gestion collective pour la campagne de 2029 ». Dans l’immédiat, il s’agit de désigner un organisme unique de gestion collective (OUGC), qui devrait être la chambre d’agriculture. Autre enjeu : créer une association des irrigants. La gestion collective concerne les agriculteurs prélevant plus de 1 000 m³ par an. « Ceux qui ont un doute sur la régularité de leurs prélèvements doivent se manifester. Une fois l’OUGC en place, elle détiendra une autorisation unique de prélèvement, ce qui exclut tous les prélèvements non connus ou irréguliers », rappelle la chambre d’agriculture.

(1) Plafonnement des prélèvements en période de basses eaux.

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